Un test qui permettrait de savoir, que même bien portant, vous allez mourir avant 5 ans..

002

Et si l’heure de votre mort était inscrite dans votre sang ?

Une étude menée en Europe du Nord montre que quatre biomarqueurs signent une probabilité beaucoup plus élevée de mourir dans les 5 ans à venir.

Cet article sur le « test de la mort » qui n’est pas encore pour demain, pose des questions préliminaires dans le débat sur l’éthique :

-Quelle seraient les répercussions sur la vie d’une personne, à priori « bien portante » si on lui annonce avec quasi-certitude, sa mort programmée à court terme ?

-Si ce test s’avère fiable mais ne peut pas annoncer de quelle pathologie une personne va mourir et donc le soigner préventivement, quels seront les critères qui accorderont la possibilité de lui en dire le résultat ?

-Si ce délai de 5 ans venait à être allongé à x années, quelle sorte d’existence pourra mener une personne durant sa vie, et quel rapport à la mort sur le plan spirituel, philosophique, sociétal etc…peut en découler ?

Voici donc le détail de cet article….

Si une simple prise de sang le permettait, voudriez-vous savoir si vous allez très probablement mourir dans les cinq prochaines années? A en croire une étude parue dans la revue PLOS, la question pourrait bien vous être posée dans un avenir proche – et permettre de sauver des vies.

A l’origine de ce « test de la mort« , une équipe de chercheurs estoniens, qui décide d’étudier par résonance magnétique nucléaire (RMN), une technique de laboratoire, la concentration de 106 biomarqueurs dans le sang et la corrélation de ces « cartes d’identité » avec le devenir des individus testés. Pour bien comprendre, un biomarqueur est une molécule biologique présente dans le sang, les liquides organiques ou les tissus, et qui peut signaler un processus physiologique anormal, un organe en panne ou plus largement une maladie.

Cocktail de mauvaise augure

Pour ce faire, les scientifiques ont exploité les échantillons sanguins de 9.842 personnes âgées de 18 à 103 ans – une vaste cohorte recrutée de 2002 à 2011 en Estonie, donc bien connue. Ils ont également examiné les dossiers médicaux de ce groupe et constaté que 508 personnes étaient mortes au cours d’une période de suivi de cinq ans à compter du prélèvement, majoritairement de problèmes cardiaques, de cancers mais aussi d’autres maladies.

Les chercheurs ont alors fait une découverte étonnante : un cocktail de quatre biomarqueurs semblait prédire avec précision le risque de mourir à court terme – quand bien même les individus avaient l’air en parfaite santé. Plus précisément, les personnes présentant le taux le plus élevé de ces indicateurs risquaient 19 fois plus de mourir dans les cinq années suivant le test que celles ayant le taux le plus faible.

Ces « cavaliers de la mort » ? L’albumine (principale protéine du plasma sanguin), l’orosomucoïde (protéine fabriquée par le foie), les lipoprotéines de basse densité (qui transportent le cholestérol), et l’acide citrique (qui joue un rôle central dans la fabrication de l’ATP, le carburant de l’organisme).

« Un résultat assez extraordinaire ? »

Des résultats trop beaux pour être vrais ? Pour en avoir le cœur net, l’équipe demande à des collègues finlandais de réaliser une confirmation indépendante. Ces derniers disposent en effet d’un échantillon similaire de 7.503 personnes suivies pendant 5 ans. A la surprise générale, les résultats sont les mêmes. Là encore apparaît le cocktail de mauvais présage dans les statistiques.

Pourtant, les Finlandais étaient sceptiques : « C’était un résultat assez extraordinaire. Au départ, nous n’y croyions pas vraiment. Il était étonnant de voir que ces biomarqueurs semblaient prédire la mortalité indépendamment de toute maladie », relate le professeur Markus Perola, de l’université d’Helsinki. « Il s’agissait de personnes apparemment en bonne santé, mais, à notre grande surprise, il semble que ces biomarqueurs montrent une fragilité non détectée que les individus ignoraient avoir. »

Comment prédire la nature de la pathologie ?

Les auteurs de l’étude affirment que, dans le futur, ce type de test pourrait permettre de déceler une fragilité « sous-jacente » grave chez des personnes en bonne santé ne présentant aucun symptôme d’une quelconque maladie et de les « sauver » à temps.

Reste que les « tests de la mort » ne sont pas pour demain. D’autres confirmations sont nécessaires, notamment parce que cette étude a été menée dans deux cohortes d’individus d’Europe du Nord très similaires. Il faudra montrer si ces résultats peuvent être reproduits dans d’autres environnements, chez des groupes ethniques différents. Enfin et surtout, si les chercheurs sont susceptibles d’anticiper une défaillance chez un individu ne présentant aucun symptôme, ils ne sont pour l’heure pas capables de prédire la nature de la pathologie à venir. Et puis, la question de l’éthique n’est jamais bien loin : doit-on ou non avertir un patient qu’il va mourir à très court terme lorsque l’on ne peut rien faire pour lui  ?

Source :Laura Thouny – Le Nouvel Observateur

 

 

Accueil Articles
© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psychanalyste et psychopraticien
www.jmimperatrice.fr, tous droits reservés. Reproduction interdite sans accord préalable.