Qu’est-ce la Synchronicité?

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La synchronicité : élément essentiel du puzzle?

« Si Dieu joue aux dés, je me refuse à croire qu’il ne joue qu’aux coups gagnants. »

Albert Einstein

C’est un concept développé par le psychiatre suisse Carl Jung qui le défini lui-même ainsi :

« J’emploie donc ici le concept général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Le terme s’oppose à « synchronisme » qui désigne la simple simultanéité de deux évène­ments. La synchronicité signifie donc d’abord la simultanéité d’un certain état psychique avec un ou plusieurs événements parallèles signifiants par rapport à l’état subjectif du moment, et – éventuellement – vice-versa. ».

Ce sujet mérite une place importante de l’analyse.

Ce concept imprègne, consciemment ou inconsciemment, l’ensemble de nos interrogations et nécessite d’y consacrer des travaux de manière plus approfondie que cette simple approche.

Il  a été « reproché « à Jung d’avoir introduit ce concept sans véritablement le développer davantage.

Une autre façon d’aborder cet aspect en Psychologie, est en quoi la rencontre, »confrontation » entre une personne et un évènement indiquant une synchronicité peut être révélatrice de sa personnalité et de certains aspects de son inconscient?

Quelles ouvertures cela lui apporte t-elle, et en quoi son ancrage dans le présent et sa projection dans le futur peuvent être impactés?

Je me suis longtemps interrogé, tant l’influence des méthodes dites « traditionnelles » de recherche reste grande, comment poser la méthodologie d’une analyse dans le cadre de ma discipline.

Cette notion « transpire » ; apparaît, surgit sans cesse, de toute part, chez les jungiens comme chez d’autres, sans que nous en ayons une approche et une compréhension conceptuelle tout à fait claire ni même approchée.

La profusion de recherches témoigne de son importance.

Après avoir examiné les différentes approches, depuis un concept physique et quantique, une dimension divine et métaphysique éventuelle dans la philosophie post-newtonienne, depuis ses manifestations, que l’on trouve en leitmotiv permanent chez Jung et dans la pensée bouddhiste, aussi bien que dans les recherches les plus ésotériques, le hasard (ainsi dénommé par le monde de la science), ou la synchronicité, m’a amené à découvrir ou redécouvrir une citation célèbre, celle d’Albert Einstein, à la fin de sa vie.

Il avait tout découvert, tout entrevu mais restait « frustré » que son génie ne puisse lui apporter une dernière réponse :« Si Dieu joue aux dés, je me refuse à croire qu’il ne joue qu’aux coups gagnants. »

Dans les différentes recherches et définitions de cette notion, on peut citer le passionnant ouvrage collectif « La Synchronicité, l’âme et la science »

Michel Cazenave & Hubert Reeves, P. Solié, Karl H. Pribram, Hansueli Etter, Marie-Louise von Franz

Résumé :

« Théorie des événements porteurs de sens et conception d’un ordre sous-jacent de l’Univers qui échapperait aux lois physiques de la causalité, la synchronicité représente l’une des hypothèses les plus audacieuses de C. G. Jung, tant par la définition de l’inconscient qu’elle induit que par les liens qu’elle crée entre les différentes disciplines scientifiques. Visions, clairvoyance, phénomènes de coïncidence – faits auxquels Jung fut confronté dans son expérience clinique – sont des notions dont il tente de rendre raison en les inscrivant dans un ordre universel a-causal, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives qui permettent de confronter ses travaux aux interrogations et aux formulations les plus récentes de l’activité scientifique. C’est donc cette recherche sur l’organisation du monde et sur la réalité de l’âme que les co-auteurs de cet ouvrage : Hubert Reeves, Michel Cazenave, Pierre Solié, Karl Pribram, Hansueli Etter et Marie-Louise von Franz, ont ici poursuivi avec des points de vue multidisciplinaires et une totale liberté de pensée. »

  Quels enseignements éventuels en extraire ? Peut-être d’oublier un instant la théorie et de se fier à l’expérience.

       La synchronicité dans le « vécu », si tant est que l’on s’habitue à ses manifestations, fait partie intégrante de notre vie.

       Elle se manifeste à travers des signes, des coïncidences, des indications que nous semblons recevoir.

       Les jungiens, y sont parfaitement habitués.

       Elle s’exerce ou apparaît dans des domaines courants de notre existence. Penser à une personne à l’autre bout du monde et la croiser soudain au coin de la rue d’un village au centre de la France, voilà un exemple visible et apparent de ce phénomène.

       Ses manifestations sont courantes et ne doivent pas être perturbantes pour celle ou celui qui a la possibilité de les recevoir.

 Un exemple de synchronicité, que chacun a pu expérimenter est de recevoir un appel téléphonique d’une personne à laquelle on était justement en train de penser. Jung intégra ce concept à sa théorie du fonctionnement psychique, au sens où cette occurrence surprenante pour le sujet, le faisait aller dans une autre voie de réflexion, permettant à certains de connaître un changement d’état important. On retrouve ce phénomène à l’inverse c’est-à-dire vers un état de dégradation quand par exemple deux personnes se fâchent et que l’une d’elles a par la suite un accident grave. Le sujet qui a souhaité du mal à l’autre peut se trouver alors affecté ou très affecté.

Ce qui est important pour Jung dans la synchronicité ce n’est pas que deux événements se produisent en même temps ( ça c’est le synchronisme), mais le lien causal auquel un sens est donné par le sujet à cette occurrence. Ce sens nouveau donné, permet parfois au sujet de se libérer, et d’obtenir plus de bien être.

 

Ainsi, il est possible, pour en appréhender mieux la signification, que nous soyons amenés à ne pas la considérer uniquement comme un signe et un élément isolé mais comme une partie intégrante d’un système dans son ensemble.

Je trouve intéressant également cette approche, de Ramila Moacanin , qui parmi d’autres a analysé certaines convergences entre des concepts Jungiens et l’approche Bouddhiste:

« L’Objectif final des bouddhistes est de supprimer la souffrance, celui de Jung, la guérison des blessures psychiques de l’homme, pour le bouddhisme il est possible de se libérer totalement de la souffrance, pas pour Jung pour qui la souffrance est inhérente à la vie, dont elle est même un ingrédient nécessaire.

Les deux voies mènent au Soi-Centre, Cœur du Mandala.

Lorsque, selon la prophétie tibétaine du VII ème siècle, les oiseaux géants, les oiseaux d’acier transportèrent au XX ème siècle les Tibétains du sommet des montagnes au sein de notre monde ; c’était un moment de synchronicité entre l’esprit et la matière. »


 

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© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psychanalyste et psychopraticien
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