Pourquoi à force de répéter à l’enfant ou ado, « je t’avais bien dit que cela allait t’arriver » , cela finit parfois par se réaliser ?

 

C’est ce que l’on appelle les « prédictions auto-réalisantes »

 

En termes simples, dans quelques exemples :

 

– Dans les propos des adultes à un enfant « réputé » maladroit , s’il a par exemple déjà plusieurs fois cassé un verre qu’il laisse, comme beaucoup d’enfants…souvent tout au bord de la table , si vous lui répétez inlassablement qu’il va le casser, cela a tendance à arriver , l’adulte sera ainsi conforté de la justesse de sa prévision par la réalisation de l’action associée, sans être un médium pour autant.

 

Cela n’enlève en rien à la pertinence de la communication intuitive, réelle et souvent non-verbale entre l’enfant et son parent ; qui est un tout autre sujet.

 

Le résultat est assez simple, le verre est bien cassé, la table ou un vêtement taché, l’adulte est content d’avoir raison, mécontent envers l’enfant et ce dernier mécontent de tout, mais en particulier de ne pas avoir pu boire…

 

Cela ne va pas dans le futur rendre l’enfant  plus « adroit » mais à se sentir gêné par sa maladresse éventuelle !

 

Cela peut se décliner à volonté dans de nombreux actes de la vie quotidienne.

 

Bien entendu, les consignes sont importantes mais dans ce cas de figure, quand il y a une répétition insistante, pour ne pas dire compulsive…, la question est :

 

« Qui en définitive a vraiment cassé le verre ? »

 

-Cela peut arriver aussi dans le cadre scolaire, sans qu’il y ait une intention réelle et nuisible de la part de l’enseignant.

 

Je précise que j’ai une estime importante pour les enseignants car il leur est souvent demander de jouer plusieurs rôles qui ne sont pas les leurs.

 

Il parait difficile d’être le prof de l’élève, un parent de substitution, un éducateur, un psy-sans en avoir la formation- en même temps.

 

Il y a confusion des rôles car la situation globale est elle-même confuse.

 

Par exemple, un enseignant qui croit que ses élèves sont incapables de réussir, de devenir autonomes, risque de créer chez eux les comportements d’échec, d’impuissance auxquels il s’attend

 

En psychosociologie, les « attentes ou prédictions créatrices » désignent le fait de créer chez les autres ce que l’ on attend d’eux.

 

Les attentes d’enseignants, d’éducateurs, d’acteurs sociaux pouvant se réaliser d’elles-mêmes. On désigne ce processus par « l’effet Pygmalion » (Jones, 1977).

 

Il ne faut évidemment pas généraliser et tirer de ces exemples de théorie précipitée, qui conduirait à nier le caractère nécessaire de consignes précises mais mesurées et claires.

 

 

 

Il faut le signaler, ne pas s’en effrayer, car aucune théorie ou statistique « sérieuse » ne confirment qu’en répétant inlassablement à un enfant qu’il finira en prison, qu’il devienne un bandit ou un psychopathe!

 

Mais lui rabâcher qu’il est un « idiot » ne le rendra pas moins intelligent, mais agira certainement sur son assurance et confiance en lui.

 

 

 

Ces mécanismes sont différents aussi de ceux, complexes et parfois pathologiques, où des personnes présentant des traits exagérément narcissiques, pervers, égocentriques, manipulateurs etc…dévalorisent la personnalité de l’autre, la modifient, la soumettent et généralement créent une souffrance assortie parfois d’une forme de dépendance et de culpabilité.

 

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© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psychanalyste et psychopraticien
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