Les traumatismes et facteurs de risque

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Les traumatismes : facteurs de risque ?

 

Toutes les personnes ayant vécu un événement dramatique ne vont pas développer des manifestations immédiates et apparentes !

La qualification de ‘dramatique » varie d’un individu à l’autre et de sa situation.

Elles pourront apparaître, en simplifiant, sous formes de simples troubles, de névroses ou de psychoses.

Les symptômes seront aussi bien psychiques que souvent somatiques.

De nombreux facteurs peuvent participer à l’origine, au développement et l’évolution de ces troubles, ils sont liés au psychisme, à l’organisme, l’environnement social et familial et peuvent se trouver dans la jeune enfance et l’histoire de vie (biographie) de chaque individu.

Leur origine et les circonstances ne sont pas toujours connues du Conscient de la personne, et leurs manifestations parfois enfouies dans l’Inconscient.

 

Néanmoins certains facteurs vont participer et  favoriser l’apparition de symptômes.

 

Ces facteurs varient d’un individu à l’autre et pour la même personne impacter différement dans le temps.

 

Il est important de prendre en considération les variables aggravant la fréquence et l’intensité des réactions

 

Ces facteurs peuvent schématiquement se diviser en trois catégories principales mais non limitatives :

 

-Les variables liées à l’événement

-Celles liées à l’individu

-Les caractéristiques liées au milieu de récupération.

 

L’accumulation de ces facteurs potentialise le risque de développer un ou plusieurs symptômes.

 

Les variables liées à l’événement

 

L’intensité et la gravité de l’événement.

On ne cite ici que certains incidents critiques qui dépassent généralement la capacité de gestion de la majorité des individus confrontés à ceux-ci.

Certains événements plus mineurs peuvent avoir un ressenti mineur chez une personne et majeur pour d’autres.

L’appréciation du degré de « gravité » de l’événement doit être mise en perspective du ressenti de la personne elle-même.

 

Par exemple :

 

Le décès de proches

 

Les menaces de mort

 

Les sévices psychiques et physiques

 

Les blessures, maladies graves et les séquelles  importantes ou irréversibles

Des traumatismes indirects peuvent résulter du traumatisme premier.

 

La durée de l’événement traumatisant

Une personne victime d’un accident court d’autant plus de risque de développer une souffrance traumatique qu’elle a attendu longtemps les secours.

 

Le caractère répétitif et la fréquence d’exposition au(x) facteur(s) traumatisant(s).

Plus l’exposition a été longue et/ou fréquente, plus la personne risque de présenter

des symptômes traumatiques.

 

La multiplicité des facteurs traumatisants.

 

La survenance d’un nouvel événement traumatique réactualise les mécanismes de traumatismes antérieurs et ne s’additionnent pas mais augmente de façon exponentielle les effets d’un nouvel événement.

 

La proximité physique

. Au plus la personne est proche du lieu de l’événement traumatique, au plus elle risque de développer un syndrome psychotraumatique.

 

La proximité émotionnelle

. Au plus la personne impliquée dans l’événement traumatique est proche du sujet (famille, amis, connaissances) au plus elle court le risque de présenter des symptômes traumatiques.

 

L’imprévisibilité et le caractère incontrôlable de l’événement

 

L’intentionnalité des auteurs de l’événement

 

Lorsque la mort, les blessures, la souffrance et les dégâts sont occasionnés, entretenus et exacerbés délibérément par un ou des tiers malveillants, les valeurs humaines fondamentales, telles que la paix, la générosité, l’altruisme, la solidarité, la morale, le prix de la vie et l’intelligibilité des choses, sont déniées.

Il y a transgression des lois les plus élémentaires

régissant l’humanité. Le vécu traumatique suscite dès lors une interrogation sur la nature humaine. Il est difficile de différencier la souffrance engendrée volontairement par un être humain de la souffrance provoquée accidentellement ou liée

aux désastres engendrés par les forces de la nature

 

Variables liées à l’individu

 

Le sexe

. Pour des raisons diverses, liées probablement à des facteurs sociaux et

culturels, les femmes sont plus à risque que les hommes de développer des

symptômes  après avoir vécu un même événement traumatique.

 

L’âge

. Les enfants et les personnes âgées sont plus vulnérables que les adultes dans la force de l’âge.

 

L’impréparation

 

Le soutien social

. Avoir été seul au moment du traumatisme pourrait être un facteur d’intensification.

 

La personnalité,les ressources psychologiques et physiques de la personne avant l’incident critique.

 

Le stress cumulatif

. La personne sera d’autant plus à risque de développer un syndrome psychotraumatique qu’elle aura vécu antérieurement d’autres événements potentiellement traumatisants.

 

Les événements douloureux personnels récents ou anciens (rupture sentimentale, accident ou maladie grave du sujet ou d’un de ses proches, deuil d’un proche, perte d’emploi, etc.) fragilisent les individus.

 

Le burn-out professionnel

. Les ressources émotionnelles des personnes souffrant d’épuisement

professionnel sont restreintes et leur permettent difficilement de faire face à un

événement hautement stressant.

 

Le rôle de la personne dans le déclenchement ou le déroulement de l’événement.

Lorsque le sujet est l’agent du drame, le risque qu’il développe un

syndrome traumatique est élevé.

 

La perception et l’évaluation personnelle

. Par exemple, des événements stressants vécus au nom d’une idéologie qui approuve la violence

 La spiritualité ou la foi religieuse peuvent également diminuer ou au contraire favoriser, l’impact traumatogène d’une situation.

 

La traumatisation « vicariante »

. La personne s’identifie à des victimes plus touchées qu’elle par le traumatisme.

 

La vulnérabilité de résonance.

Elle est découle de la signification particulière que peut revêtir une situation pour un sujet particulier à un moment de son histoire.

Avoir vécu un conflit intra-psychique au moment de l’événement critique accroît le risque

Parmi les conflits possibles, citons le conflit de conscience

Le conflit de conscience se potentialise parfois du

conflit de culpabilité

lorsque la personne a accompli une action contre ses convictions morales ou éthiques et qu’elle la regrette ensuite ou qu’elle s’est abstenue d’intervenir dans une situation où elle était témoin d’actes immoraux.

 

L’atteinte des croyances de base

. La disparition du lien de confiance aux autres

(due à l’intentionnalité des violences subies) et la dissolution du sentiment

d’appartenance à l’ensemble des êtres humains

 

Les croyances et les valeurs internes de la personne avant le trauma.

 

L’attribution causale

C’est-à-dire l’interprétation que la personne a de sa position

dans la vie. Certaines personnes pensent : « Je suis responsable de tout ce qui

m’arrive » et d’autres, au contraire : « Je suis victime de tout ce qui m’arrive ».

Si la personne se sent généralement victime, le traumatisme est généralement plus

important parce qu’elle a le sentiment qu’elle n’a pas de contrôle sur ce qui lui arrive.

 

Les stratégies d’adaptation au moment du trauma développées par la personne

et leur efficacité en fonction de l’interprétation qu’elle en a.

 

La culpabilité réelle ou imaginaire.

Si la culpabilité ou le sentiment de culpabilité est important, il s’accompagne généralement de comportements d’autopunition.Cet aspect est particulièrement à prendre en compte car il est présent et récurrent notamment chez des enfants et adultes ayant souffert de sévices de toute nature(physiques,sexuels,psychiques) de la part de personnes proches ou de l’entourage familial,avec lesquels existent une relation affective ou d’autorité(d’un majeur sur un mineur).

Lorsqu’une personne est l’agent involontaire d’un drame, elle fait généralement

l’amalgame entre responsabilité et culpabilité.

La culpabilité peut être dans certains cas » objective ». C’est le cas lorsqu’une personne a provoqué intentionnellement un événement traumatique

.

Les efforts déployés par certaines

personnes pour ne pas perdre la face mobilisent une

énergie importante qui à court ou à moyen terme diminuent leur capacité de coping (mise en place de mécanismes de défenses de protection).

De leur point de vue, les individus ont de bonnes raisons de vouloir se montrer forts.

Une femme ne veut pas « se laisser aller » à son chagrin suite au décès par de

son époux parce qu’elle doit continuer à assumer ses enfants. .

 

Les bénéfices secondaires

. Si la personne tire de grands avantages de son syndrome traumatique, les chances de guérison sont réduites.

Une personne est mise en congé pour maladie et évite ainsi de reprendre un travail

qu’elle déteste.

Une femme est « chouchoutée » par un mari auparavant très distant.

Un homme attend que son handicap soit évalué par les assurances. Il risque de perdre le bénéfice d’une pension élevée si son état s’améliore.

 

Les variables liées au milieu de récupération

 

Un état de stress aigu ou un syndrome psychotraumatique ou tout autre

pathologie mentale (dépression, psychose, etc.) dans l’entourage

proche. Les personnes sont incapables d’offrir un soutien, étant elles-mêmes en souffrance.

 

Le soutien de la part des proches

. Si la personne est socialement et/ou affectivement isolée, elle ne bénéficie pas de soutien de ses proches. Par ailleurs, cette situation l’amène à faire des efforts d’adaptation qui finissent par épuiser ses

capacités

 

Le support social

(individualisme versus collectivisme)

 

L’attitude de la société envers les victimes.

 

Dans certains cas, le traumatisme collectif induit un devoir de mémoire dans la

communauté

 

Cette liste ainsi est certes est incomplète mais permet d’aborder un grand nombre de facteurs qui favorisent l’apparition des troubles.

 

Cela souligne la nécessité d’un analyse rigoureuse et de prendre en compte que les facteurs sont multiples et que les méthodes thérapeutiques utilisées doivent être adaptées à chaque personne et sa situation dans son vécu de vie.Les situations d’urgence dans le cadre d’événements graves, de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme sont traitées par des équipes spécialisées et formées, et obéissent à un protocole connu, efficace et consensuel.
Après la prise en charge immédiate, un suivi thérapeutique est la plupart du temps nécessaire sur une moyenne ou longue durée.

Il existe un groupe de disciplines étudiées, formalisées et expérimentées donnant de bons résultats partant du principe qu’il n’y a pas un mais plusieurs facteurs, que chaque personne a un ressenti différent et que c’est au praticien dans la relation d’aide de faire appel à la ou les méthodes estimées les plus pertinentes.

 

C’est en cela qu’une démarche intégrative ne propose pas une solution unique et universelle valable pour tous les individus quelque soit le ou les  troubles, mais un ensemble de solutions adaptées.

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© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psychanalyste et psychopraticien
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