Le stress, c’est quoi exactement ? Existe-t-il différentes formes de stress ?

Le stress, c’est quoi ?

Le stress, c’est quoi exactement ? Existe-t-il différentes formes de stress ?
Posted on 5 janvier 2014 by Jean-Michel Imperatrice

Le stress, c’est quoi ?

Lorsqu’un individu est soumis à ce qu’il assimile comme une agression ou une menace quelle qu’elle soit, physique, psychique, interne ou externe, il y répond immédiatement par une réaction que l’on nomme «stress ».

Le stress focalise alors l’attention sur la situation problématique (vigilance) ; il mobilise l’énergie nécessaire à l’évaluation de la situation et à la prise de décision (augmentation des facultés de perception et rapidité de leur intégration) et il se prépare consciemment et inconsciemment à l’action adaptée à la situation.

La réaction de stress dit « normal » se déroule en phases :

Une phase d’alarme

Des moyens de défense sont mobilisés pour réagir rapidement à l’agent stressant. Le stress cause l’apparition de réactions physiques et psychologiques caractéristiques.

Au niveau somatique, le rythme cardiaque s’accélère, la respiration se fait plus rapide, les muscles se tendent. Les effets psychiques se traduisent par la vigilance, l’euphorie, un sentiment de détresse ou d’oppression.

Les processus de pensée (idéation) s’accélèrent, se concentrent, les instincts se manifestent et toute réaction ou action individuelle voire de groupe est possible.

Une phase de résistance:

Lorsque l’agent stressant persiste, la défense est maintenue et les réserves d’énergie nécessaires sont reconstituées.
Les premiers signes physiques de la réaction d’alarme ont disparu. Le corps s’adapte et la résistance s’élève au-dessus de la normale.

Une phase d’épuisement:
Lorsque l’exposition aux agents stresseurs se poursuit trop longtemps, les défenses s’effondrent.

La personne n’est plus capable de répondre adéquatement à la situation stressante et des symptômes caractéristiques apparaissent.

Ces troubles sont bien connus et caractérisés, au niveau somatique comme psychique; ce qui est rassurant est que leur évolution possible peut aussi être assez bien appréhendée et des mesures de corrections et récupération sont rapidement mises en place.

Il est fondamental que la personne ou son entourage, en prenne conscience pour qu’une prise en charge soit possible car elle donne de bons résultats.

Une phase de récupération:

Lorsque l’agent stressant est géré, la tension baisse, la personne se détend et peu à peu, les réserves énergétiques se reconstituent.

Cette réponse de l’organisme en situation difficile est donc naturelle, normale et utile à la survie.

Elle le met en alerte et libère les moyens énergétiques qui lui permettent de contrer l’agent stressant. Elle constitue avant tout un phénomène visant à faire face efficacement aux situations exceptionnelles.

Cet ensemble de réactions d’adaptation est appelé stress protecteur ou bien encore stress adaptatif.

Il est important de souligner que ce stress d’adaptation ne peut fonctionner quand l’épuisement somatique et psychique est installé, comme une barrière de protection que l’on a dépassée et qu’une aide extérieure s’avère nécessaire..

Mais le stress est loin d’être toujours positif !

Le terme générique de stress recouvre ainsi, très grossièrement deux catégories de réactions : d’une part les réactions normales, adaptatives et d’autre part les réactions de stress dépassé inadéquates ou inadaptées.

L’homme aurait besoin dans sa vie quotidienne d’un niveau minimal de stress, dans quelques cas suivants, non exhaustifs :
Des objectifs accessibles et valorisants, des échéances réalistes, des changements voulus, des projets intéressants ajustés au plan de vie, aux valeurs, aux circonstances et aux capacités personnelles procurent ce type de stress.

Le stress est seulement en ce cas une énergie positive nécessaire à la mobilisation des ressources, à la motivation, à l’accomplissement et, de façon générale, et de façon grossière à un certain « goût de vivre ».

C’est ce que l’on appelle l’eustress

Cependant, les individus ne sont pas soumis seulement aux stress planifiés ou recherchés et notre cadre de vie habituel va même exactement souvent en sens contraire!

L’accumulation d’objectifs irréalistes, la recherche permanente de performance, des changements brusques non désirés, des évènements de vie douloureux et brutaux en définitive une multitude de facteurs divers génèrent des situations ressenties comme menaçantes, contraignantes ou déplaisantes,

L’impression de ne pas disposer des ressources nécessaires pour y répondre, de nombreuses demandes émanant simultanément de l’environnement ou durant une trop longue période conduisent à la détresse. Ce stress négatif induit une diminution des performances et mène à l’épuisement.

C’est ce que l’on appelle le distress ou stress dépassé.

Le stress n’est nécessaire qu’à l’unique condition que les réactions biologiques et psychologiques soient déclenchées à bon escient et dans des limites acceptables.

Le stress peut être comparé à la marche. Sans même que nous nous en apercevions, lorsque nous marchons, nous sommes alternativement en déséquilibre d’un pied sur l’autre.

De la même façon, nous vivons des moments de stress lorsqu’un changement significatif intervient dans ce qui constitue notre stabilité quotidienne.

A faible dose, ce stress est positif car sans ce petit déséquilibre, nous ne pourrions pas avancer.

Mais s’il devient trop intense ou trop répétitif, nous risquons de trébucher, de tomber et de nous blesser.
Pour certaines personnes, un piège réside dans l’excitation induite par le stress protecteur.

En effet, drogués entre autres, par leur propre adrénaline, ou par des drogues artificielles licites ou illicites , elles ont tendance à vouloir le prolonger et passent à la phase de stress dépassé sans en avoir perçu les signaux avertisseurs d’atteintes physiques et psychiques.

Oui mais tout le monde ne réagit pas de la même manière à une même situation !

Une même stimulation extérieure peut affecter différemment chaque individu. Les réactions au stress peuvent être comparées à ce qui se passe à bord d’un bateau lors d’une traversée sur une mer houleuse.

Tous les passagers n’ont pas les mêmes réactions. Certains souffrent du mal de mer et sont très malades, d’autres le sont moins, d’autres encore pas du tout.

Par ailleurs, certaines vagues, quoique moins hautes que d’autres peuvent provoquer davantage de nausées.

De même, les agents stressants les plus bouleversants ne sont pas nécessairement les plus durablement néfastes.

Par ailleurs, une même personne peut réagir différemment à une même situation stressante en fonction du moment où celle-ci survient dans sa vie

Ainsi, certaines personnes sont indisposées par les remous de la mer déchaînée alors qu’elles ne l’ont pas été antérieurement dans des circonstances analogues. Inversement, d’autres se sentent confortables alors qu’elles ont souffert sur d’autres océans agités.

La signification attribuée aux agents stressants va également influer sur le vécu de la situation.

Ainsi, le navigateur passionné appréhendera les éléments déchaînés autrement que le passager contraint d’utiliser la voie maritime, et le marin aguerri pourra aussi traverser une période de stress alors que le débutant se sentira parfaitement à l’aise..

Retenons que le stress est un processus dans lequel interviennent un ou plusieurs agents stressants et une personne(présente physiquement mais pas obligatoirement)

Il dépend autant de la situation que de la manière dont celle-ci est appréhendée.

Il convient donc d’analyser avec précision la situation elle-même sans la dissocier du ressenti de la personne qui est variable, et si une partie est consciente, une partie peut être refoulée inconsciemment et s’exprimer à travers différents troubles ou pathologies pouvant être sources de souffrance et de risque.

Il faut donc distinguer le stress en tant que mécanisme physiologique et son ressenti, les émotions, qui amplifiées peuvent être un véritable trouble, ou un ensemble de troubles; réactivant ainsi un stress supplémentaire dans une spirale parfois infernale.

L’analyse permettra de faire une évaluation d’ensemble et de mettre en place des outils thérapeutiques pour y remédier durablement en agissant aussi bien sur les facteurs mécaniques physiques que les réactions psychiques impliquées, les deux étant souvent indissociables.

C’est ainsi que la personne, soulagée et munie des outils nécessaires, pourra en toute liberté décider de ses orientations et projets futurs, en pleine connaissance de cause.

© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psycho praticien et Analyste
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