Le Moi et la Conscience, vision « occidentale » et vision « extrême-orientale » d’après C.G.JUNG

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Le Moi, et la conscience

       C’est un sujet immense,qui a mobilisé des hordes de penseurs et de chercheurs,de toutes disciplines, depuis l’Antiquité.

Cet article, très bref,ne se consacre que sur un des aspects de ce vaste sujet!

Le Moi, chez l’Oriental(on entendait par oriental au début du siècle, l’extrême-orient), est la partie « inférieure » de la psyché. Il est, topographiquement, « à l’envers » du Moi occidental.

Comme le dira Jung, sans que cela soit péjoratif, dans le monde oriental : « tout est à l’envers ».

L’Oriental « monte » vers l’inconscient, l’Occidental y descend. L’âme occidentale « monte » au paradis mais « descend » en enfer.

Le Moi oriental serait, sans que cela soit réducteur ou désobligeant, une version primitive du Moi occidental selon Jung.

Cela mérite réflexion. L’Oriental, effectivement, vivrait  selon Jung au jour le jour dans sa réalité, dans la matérialité de son monde peuplé de dieux plus ou moins bienveillants.

Jung, se référant aux divinités grecques, aimait mentionner que dans la mythologie, si « Les dieux étaient souvent lourdement armés, ce n’était pas forcément signe de bienveillance. »

Le Moi occidental est devenu un Moi collectif hypertrophié par le génie scientifique et coupé de ses connexions avec l’inconscient.

Il n’est pas, malgré cela, devenu la partie supérieure de la psyché occidentale de notre ère ; en se coupant de la spiritualité, il a aussi perdu la mesure et le recul nécessaires.

Ainsi Jung, dans un raccourci trop rapide à mon sens, pense que le conscient occidental est celui des inventions scientifiques, de la science cartésienne, alors que celui de l’Oriental serait plus tourné vers le sacré et le divin.

Si l’on suivait Jung dans ce raisonnement, il serait logique que les grandes civilisations antiques, qu’elles soient mésopotamiennes, égyptiennes, incas, aient fleuri et disparu car à leur « conscient bâtisseur et inventif » s’est substitué, en partie, la spiritualité et le sacré qui ont envahi son âme collective.

L’histoire simplement, ou celle des civilisation, la sociologie et l’ethnologie ne confirment pas cette prédiction, car des continents entiers tels, l’Inde ou le Sud-Est Asiatique ont malgré ou grâce, selon les courants, à l’internationalisation des échanges conservé une forte composante spirituelle et se ancrés dans un modernisme parfois débridé.

On peut toutefois revenir à Jung, car « modernisme » et « bâtisseur / inventif » sont deux modèles différents.

On retrouve ici une limite du pont qu’on pourrait établir entre l’Occident et l’Orient : l’Oriental n’a pas la dichotomie conscient/inconscient de l’Occidental et ne peut recouper celle des topiques freudiennes.

Si la Psychiatrie moderne, s’appuie souvent sur la nosographie du DSM V qui a entre autres buts, celui de définir des normes internationales de troubles, pathologies et traitements; la réalité de l’ethnopsychiatrie est bien différente.

Ce n’est simplement pas possible, ni dans le yoga ni dans le bouddhisme, car la notion du Moi et du conscient associé n’est qu’une illusion des sens ; l’individu n’existe pas en tant que tel et ne saurait exister qu’en tant qu’élément d’un Grand Tout, interdépendant des autres, naissant, mourant et renaissant comme l’atmân dans le cycle du samsara.

La notion du Moi occidental est liée à sa croyance en une individualité voire, j’hésitais à le dire mais je l’ose, par son individualisme.

C’est ce que Jung dénomme « l’esprit occidental qui s’est changé, a perdu son caractère universel, sans la moindre trace de ses aspects antérieurs, métaphysique et cosmiques, en tant qu’anima rationalis »

Comment, dans ces conditions, l’accès du Moi conscient à l’inconscient est-il possible ?

Il est légitime de se poser la question mais Jung y apportera sa réponse par la psychologie analytique ou psychologie des profondeurs.



 Cf. C.G. JUNG, « Commentaires du Livre tibétain de la Grande Délivrance »

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© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psychanalyste et psychopraticien
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