Le calme émotionnel ou calme mental : accepter ses émotions en reconnectant Corps et Esprit :

Image Calme mental

 

Souvenir d'un rêve

 

 

 

 

Le Calme émotionnel ou mental, peut se concevoir comme un état d’équilibre ou d’homéostasie du corps, de l’esprit et des sens.

Le calme en matière d’émotions est souvent perçu, à tort, comme la négation de celles-ci ou assimilé à une forme moderne(bien que ce sujet soit débattu depuis l’antiquité) de « Self-Control ».

Cette démarche s’inscrit plus dans une notion de bien-être ou mieux-être que celle d’une performance.

Dans par exemple les troubles liés au stress, la performance est déjà de diminuer et supprimer l’anxiété!

Il y a en filigrane derrière cette démarche, une notion de résilience dans le sens où après un choc traumatique, récupérer, revenir lentement à un équilibre est déjà un formidable exploit en soi.

Dans mon approche, ce « calme mental ou émotionnel » serait plutôt l’opposé d’une forme de « contrôle », de « gestion » ou de « prise de pouvoir » tout à fait illusoires!

Il vaut mieux vivre les émotions, aller jusqu’à leur »résolution » que les réprimer.

Il est bon et nécessaire de pouvoir pleurer pendant un processus de deuil, il est salutaire de rire et de lâcher-prise dans un moment difficile ou de détente, il est important de communiquer votre ressenti à l’autre pour qu’il le comprenne et que vous-même le compreniez, ce n’est pas une « technique  » de communication mais un échange.

Ce sont les effets,manifestations, leur débordements ou leur répression ,dans leurs excès qui sont source de troubles et de souffrance, pas les émotions,sentiments ou pensées associées.

La confusion à mon sens vient tout autant de la grande difficulté à s’accorder sur le « statut » d’une émotion, que sur les termes utilisés.

C’est un très vaste sujet sans beaucoup de consensus, sauf sans doute sur quelques grandes lignes:

-L’émotion est un processus rapide, qui intervient lors d’un évènement ou d’une situation qui apparaît important aux yeux d’une personne.

-La « détection » de cet évènement en est le déclencheur, pas forcément la cause.

-Cette détection entraîne une réaction, une réponse émotionnelle.

-Cette réponse s’exprime ou pas, par une expression corporelle ou mentale.Un ressenti agréable ou désagréable y sont généralement attachés.Ne « rien ressentir » est aussi une réponse émotionnelle, à un niveau différent.

-Cette prise de conscience entraîne une action, qui peut varier, fuir devant la peur, rester « paralysé » ou toute autre manifestation.

-Si l’émotion s’inscrit plutôt dans la rapidité, le sentiment est lui plus relié à l’affectivité et dans la durée.

-Les deux(émotion et sentiment) laissent des traces mnésiques(souvenir, mémoire) et une empreinte tant dans la Psyché que dans le Soma.

Cet « ordre » ou « désordre » est à peu près chronologique, mais certaines étapes peuvent se chevaucher tout comme leur intensité peut varier.Si on a longtemps cru que leur expression corporelle était universelle et détectable, la tendance est plutôt d’admettre que seules les grandes émotions primaires(peur, souffrance ou joie intense) présentent des traits communs.

Les émotions, sentiments, ressentis et leurs expressions verbale ou non verbale sont bien différents:

Une joie intense peut dissimuler une peine immense, une colère forte et dont la manifestation est soit refoulée soit artificiellement « dissimulée » seront assez souvent exprimées intérieurement, somatisées et provoqueront un désordre pour l’individu.

L’expression d’un sentiment de tristesse par des pleurs est socialement admise et son acceptation graduée en fonction de normes imposées.

Je suis ainsi dans la « norme » variant selon le sexe,l’âge,la culture etc.. si je pleure au cinéma devant un film tragique,mais je suis un émotif, un hyper sensible si je le fais au bureau(même si personne ne sait que je viens de perdre un être cher)?

Sans détailler plus globalement, j’ai peu de choix(apparent) , en refouler leur expression et les intérioriser avec risque, les exprimer à grands bruits et être catalogué; selon une échelle très variable de « bonnes » ou « mauvaises » émotions.

On oublie un peu qu’entre être en colère, l’exprimer avec clarté parce que votre sentiment est que vos règles ont été transgressées, et un passage à l’acte violent verbal ou physique sont très distincts dans leur sens, leur portée et leur mécanisme.

Un adolescent qui rit aux éclats (avec ses copains) devant un film d’horreur, un enfant qui pleure « sans » raison, un secouriste qui paraît imperturbable en aidant un accidenté, être ému devant un enfant faisant ses premiers pas ou un b eau paysage, être atterré et pris d’effroi devant un fait public dont l’horreur transgresse tout entendement etc… tout cela nous ramène à de l’INTIME, à de l’inné, de l’acquis, du conscient et de l’inconscient.

Le calme émotionnel, dans cette vaste problématique est plus une harmonie, une acceptation de soi, en premier lieu.En ce sens, c’est un équilibre qu’il faut atteindre et maintenir stable.

Il est tout d’abord utile pour soi-même et éviter les effets néfastes d’un refoulement sans sens( une phobie des émotions), une entrave au lâcher-prise, une  labilité émotionnelle (sautes d’humeurs), d’une hyper émotivité, d’une manifestation agressive envers autrui (cachant souvent un conflit intérieur).

Il permet, avec patience de se réconcilier avec soi-même.

Ce calme mental est parfois présenté comme « parallèle » avec ce qui est dénommée Intelligence Émotionnelle, il est plutôt dans mon approche, un état d’Attention émotionnelle.

Ses effets sont positifs sur la perception,l’attention, la mémoire, le bien-être et la sérénité de la réflexion.

L’esprit est en éveil, le flux de pensées et d’élaborations mentales défilent librement, les émotions sont ressenties avec un impact apaisé, les sensations corporelles sont pleinement présentes et les canaux sensoriels (nos 5 sens a minima) fonctionnels.

Ce n’est donc pas un état de somnolence ou de demi-sommeil, et à ce stade, l’état de conscience n’est pas altéré mais attentionné sur l’instant.

La pratique régulière des approches méditatives associées,dont La Pleine Conscience, avec des axes de développement plus ciblés, permettra d’accéder à des états modifiés de conscience (E.M.C) mais c’est à mon sens une étape suivante.

Le cognitif n’est pas absent mais la pensée élaborée n’est pas encore à cette étape, un but à activer.
Cela sera, à un stade éventuel suivant et pour lequel le calme mental préalable est nécessaire.

On pourrait qualifier d’ « écologique » cet état de l’économie psychique, dans le sens où notre état mental, émotionnel et corporel tend à être harmonieux.

Il me paraît important de préciser qu’à ici, que nous cherchons principalement dans un premier temps à diminuer et apaiser un état anxieux

Les démarches telles la Méditation de Pleine Conscience sont souvent à tort perçues comme une « gestion » ou pire une « neutralisation » de nos pensées et émotions associées, et par conséquence de sensations corporelles.

La démarche et la pratique régulière vont pourtant en sens contraire de cette vision erronée.

C’est une diminution significative des impacts anxiogènes qui est recherchée dans ce premier stade méditatif.

Pourquoi s’axer sur le stress et les troubles anxieux plutôt que les émotions joyeuses?

La  réponse est sans doute simpliste et n’a rien à voir avec un « pour  » ou « contre » la « pensée positive »!

Il est généralement plus courant que l’on recherche à solutionner une situation de mal-être et d’anxiété, que de vouloir pour quelque raison que ce soit renoncer à la joie, au rire ou au bien-être…

Ce qui n’empêche en rien que lors de certains évènements joyeux, une naissance, une fête, une union, une réussite peuvent comporter une part de stress.

Je n’inclue bien sûr pas dans cette analyse, des états pathologiques comme les accès maniaques de sur-excitation et d’agitation, qui peuvent être extrêmement enjouées à défaut de joyeuses ou violentes dans leurs excès.

Nous parlons  ici d’un processus dynamique, qui dans un premier temps (voir les articles à ce sujet Méditation Pleine Conscience et Psychologie) permet d’acquérir les moyens de diminuer et abaisser les turbulences et phénomènes anxieux liés au stress.

Le calme mental et la pleine conscience s’installent ainsi progressivement et se stabilisent dans la durée par une pratique régulière.

La mécanique physiologique du stress et les pensées anxiogènes s’auto alimentent en cercle vicieux.

Tenter de « prendre le contrôle » d’un déroulé automatique, par une « astuce » mentale me paraît vain.
Axer son attention sur la respiration et le ressenti, est l’élément clé.

On ne peut le réduire à un simple raccourci, déviation cognitive ou fruit d’une intellectualisation élaborée.

La respiration est un processus vital et naturel, dont le rythme peut varier involontairement ou volontairement.

Cela signifie que les pensées qui continuent leur flux, ne doivent pas être « combattues » car cet effort aurait l’effet contraire.

Elles sont constatées, pour reprendre une image courante et usitée, vous êtes le spectateur du train qui passe devant vous, intérieurement.

Il peut être tentant d’y monter s’il repasse plusieurs fois.

En n’y montant pas, vous n’empêchez pas ce train de poursuivre sa route, mais à un moment donné il disparaîtra de votre champ de vision.

Il en est de même avec les pensées, à chaque fois que vous vous recentrez sur la respiration et l’attention dans l’instant présent, et autant de fois que nécessaire, les pensées s’écoulent et finissent par s’amenuiser et leurs impacts anxiogènes disparaissent.

D’autres surviendront et poursuivront aussi, comme le train, leur cheminement.

Ces pensées provoquent des sentiments, des émotions agréables ou désagréables.

Là aussi, il est important de les « noter » et ne pas les « nier » avec force ou les
« encourager » à tout prix.

La pratique régulière vous montrera qu’une nouvelle fois, comme le train amène au loin les voyageurs, les impacts émotionnels, notamment anxiogènes sont fortement diminués.

Cela signifie, que dans ce processus dynamique mais stable, vous n’avez pas tenté de gérer, freiner vos pensées ; vous avez pris conscience de vos émotions et votre niveau d’anxiété lui a diminué.

Cela peut paraître déjà assez satisfaisant, mais il reste parfois un petit bout de chemin à parcourir : vos sensations corporelles !

Il paraît évident mais autant le préciser clairement, que cette approche n’est pas adaptée en première intention à un état de « choc » en situation psycho traumatique, qui relève d’un protocole précis et d’un traitement d’urgence.

Néanmoins, on note souvent qu’en état de stress et d’anxiété, la relation de l’esprit au corporel se modifie.

Il y a parfois une véritable déconnexion, coupure qui se crée.

Cela se ressent souvent dans les propos tenus et la verbalisation, on expose, justifie, évoque les causes apparentes, on

« élabore » un scénario que l’on contextualise.

Cette « priorité » parfois inconsciente, donnée au mental ne met pas en relation directe votre anxiété et le ressenti corporel précis qui est pourtant présent mais confus.

La description des symptômes somatiques est généralement vague, peu précise, leur localisation est souvent diffuse

« je me sens stressé, je ne suis pas bien, j’ai des bouffées d’angoisse, du mal à dormir,des migraines, mal au dos,  je m’énerve facilement etc.. ».

Lors de la pratique de la méditation de pleine conscience, un certain nombre de sensations corporelles vont se manifester de façon diverse et souvent simple.

Un point particulier du corps, une légère contraction d’un muscle ou son relâchement, le contact avec le sol ou la chaise, le bruit de votre respiration, une sensation de pesanteur, de légèreté, le goût de la salive dans votre bouche etc…

Certaines « visualisations  » internes associant des couleurs, des sensations kinesthésiques sont aussi constatées fréquemment.

Ces sensations corporelles sont importantes, il ne s’agit pas non plus de les « refuser », ni de les « subir ».

Une position qui vous paraît inconfortable peut s’ajuster, une sensation dans un muscle ou zone du corps persistante, tout cela une nouvelle fois, vous ramène à vous recentrez sur la respiration et l’attention.

Ce n’est bien sûr pas le moment de chercher le « pourquoi » ni le « comment » mais à la fin de votre exercice, vous vous en souviendrez.

Quel est l’intérêt ?

Il en existe plusieurs que je ne vais pas longuement détailler ici, mais qui rejoignent des approches que je relie aussi bien à l’analyse au cours de la thérapie , qu’aux pratiques psycho-somato-thérapeutiques qui approfondissent les aspects corporels et sensoriels.

A ce stade-là, et particulièrement au fur et à mesure de la pratique, et ceci rapidement, vous allez en dégager un constat et un axe de choix dans la méditation, aussi bien que dans votre vie quotidienne.

Pour être simple, si vous avez eu une entorse à la cheville, ou que vous souffrez d’un
rhumatisme, de crampes etc… vous le savez bien sûr bien avant de pratiquer.

C’est souvent le cas, même si c’est peu précis, vous avez déjà eu la sensation d’être tendu, migraineux ou un mal à l’estomac.

Par contre, il est peu probable que vous puissiez associer assez précisément comme c’est le cas en méditation, que telle situation ou évènement ou contexte, s’associe avec une ou plusieurs pensées, récurrentes ou non, liés ou non à l’événement, que cela a impacté votre respiration, votre rythme cardiaque, qu’au niveau émotionnel vous l’ayez ressenti comme une anxiété, une contrariété ou un agacement et qu’ensuite toujours dans cet ensemble, une traduction somatique se soit précisée dans telle ou telle partie de votre corps, que cela a constitué éventuellement un effort pour vous recentrer sur votre respiration.

Vous n’avez pas d’explication-encore !- sur les liens qu’il y a, mais vous avez d’ores et déjà entamé un processus de connexion des différentes composantes de votre personne.

Plus votre pratique sera régulière , plus cette « réappropriation » de l’intégralité de votre personne, va corrélativement avec la diminution rapide de votre stress être bénéficiaire.

A ce stade là, vous avez déjà un acquis, une approche qui en s’inscrivant dans la durée vous permettra de rabaisser significativement les désagréments liés au stress.

Il se présente ensuite une question de choix, de décision en définitive vous appartenant et pour lesquelles, il n’y a rien à vous imposer et à mon sens, je ne peux que vous présenter mon approche pour une suite, selon vos expectatives.

-Est-ce que vous avez atteint un état de Pleine Conscience ?

Ma réponse au risque de vous décevoir, est pas encore, vous êtes sur le chemin.

-Est-ce que votre anxiété a diminué et les situations stressantes sont moins impactantes?

Oui et ce gain sera régulier et s’intensifiera au fur et à mesure de la pratique

-Est-ce que vous avez gagné en attention et en concentration ?

Oui, mais ce « calme mental » est une étape préliminaire qui va vous faciliter la tâche dans les situations où votre concentration et attention sont requises.

Je ne raisonne pas ici, en termes de performance, qui pour moi est connoté et correspond à une recherche différente.

-Pourquoi une démarche analytique peut être nécessaire et s’associe bien avec cette approche ?

Cette première approche de la Méditation de Pleine Conscience, a pour portée un apaisement des niveaux de stress, de troubles anxieux, de support et d’atténuation (pas de suppression) à une douleur physique et une aide intéressante dans les récidives d’épisodes dépressifs.

Si le stress, suscite un intérêt en psychothérapie, cela ne signifie pas que cela soit un phénomène nouveau, mais que certaines approches, dont la mienne le considèrent comme un bloc, à part entière, que l’on retrouve de près ou de loin, peu ou prou, en forme simple ou élaborées et paroxystiques de la simple anxiété à la pathologie dans de nombreuses autres manifestations et troubles.

Cela signifie que ses manifestations obéissent aussi à certains mécanismes intra et supra-psychiques, dont une partie est régie à des niveaux inconscients souvent résultant de votre vécu, de votre état somatique, de vos mécanismes cognitifs.

A ce niveau là, il me parait nécessaire de la coupler avec une démarche analytique et d’en mettre en lumière le plus possible, les « ressorts » et « mécanismes »

Utiliser la méditation comme un moyen, une voie d’apaisement est bien sûr source de bénéfices, mais ne dispense pas obligatoirement d’une recherche conjointe et menée de front en analyse, non pas pour comme cela est parfois injustement affirmé, mais jamais démontré, « comprendre pour comprendre » mais « comprendre pour agir sur les causes et pérenniser les effets »

Vous pouvez ainsi continuer dans cette voie, en ayant maîtrisé cette approche et rechercher à l’utiliser dans votre réflexion, votre connaissance de soi, et vous ouvrir un champ plus large d’options dans vos choix, qui ne seront pas forcément plus ambitieux ; mais certainement plus en harmonie avec vos attentes et moins coûteux en efforts parfois inutiles.

Cette démarche est un stade, une étape visant une problématique précise.

Elle est sans doute peu ambitieuse, mais s’adapte aux personnalités de chacun, à son rythme et sa progression.

Elle ne ferme pas la porte à d’autres stades plus avancés, s’inscrivant dans une pratique et une recherche personnelle, et en ce sens ne ferme pas bien sûr la porte aux pratiques spirituelles, énergétiques et méditatives approfondies.

Ma « porte » personnelle, par contre se ferme au dogmatisme, à la pensée unique, la soumission à un endoctrinement et toute forme de fanatisme.

Les références principales m’ayant servi à cet article et à ceux sur le sujet se trouvent dans : Bibliographie

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© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psychanalyste et psychopraticien
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