Des solutions simples pour celles et ceux ayant des « appréhensions » à méditer…

Méditation image

 

 

 

 

 

 

Dans les premiers essais de méditation de Pleine Conscience, même s’il y a peu de « technique », pas de condition physique particulière à avoir, quelques personnes (souvent avec les mêmes arguments) se découragent, parfois avant d’essayer, ou après une ou deux tentatives.
Si un livre et un CD vous guidant, peuvent dans une certaine mesure vous faciliter la tâche, ils ne présentent d’intérêt à mon sens, qu’à titre informatif (voir dans la bibliographie citée) et après avoir effectué quelques séances en recevant des explications et conseils, d’un praticien possédant lui-même (c’est une condition sine qua non) une pratique significative et régulière de la méditation.
Ce qui peut être ressenti comme un « obstacle » se solutionne rapidement après quelques éclaircissements simples.
Citons les principales raisons « invoquées » qui disparaîtront rapidement :

Je n’arrive pas, car je suis trop stressé, préoccupé par mes pensées et ne peux pas me concentrer :

C’est principalement pour ce type de situation, que la méditation présente un intérêt.
On ne « gère » pas le flux incessant de pensées, on ne lutte pas contre elles, on les constate.
Pour donner une image, que les pensées et sensations associées soient agréables, anodines ou pénibles, vous les « constatez » sans chercher à les refouler ni à s’y attarder.

Dans un état anxieux, certaines pensées associées ou non à un évènement ressenti comme stressant, s’accumulent, se répètent, se télescopent ou simplement dans une situation « standard » des pensées totalement ordinaires, comme aller faire ses courses, ou penser à un sujet quelconque de la vie de tous les jours ; surgissent et détournent votre attention.
C’est tout à fait normal, et arrive que ce soit à la première séance ou à la 5 ème, c’est pour cela que cette pratique doit être régulière.

Cela signifie que si c’est le cas lors d’une séance et que le cours d’une pensée récurrente vous obnubile, le point central de la méditation (sous toutes ses formes) est basé sur la respiration.
Si cette ou ces pensées, persistent ; à chacune de leur « apparition », sans lutter, sans effort, vous vous refocaliser sur votre respiration, autant de fois que nécessaire.
Seule la pratique, vous permettra de rendre cette démarche automatique.

Je n’y arrive pas, car il y a du bruit, je suis interrompu, fatigué ou pressé que la séance finisse :

Dans les premiers temps, le bruit, la présence d’autres personnes qui parlent, un téléphone qui sonne constituent un parasitage, auquel il faut remédier.
Cela signifie, qu’il est impératif, quitte à raccourcir la durée, de vous isoler, pas forcément dans un lieu clos !, couper votre téléphone et effectuer dans la mesure du possible, dans les premières étapes, cet exercice seul, de préférence si vous le pouvez le matin, en n’hésitant pas à prévenir votre entourage familial y compris, que vous ne voulez pas être dérangé, comme si vous étiez absent ou simplement sous la douche.

Le nombre d’impératifs que tout le monde a, du lever au coucher, d’une journée est élevé, mais vous arrivez bien globalement même si ce n’est pas avec la régularité d’une horloge, à trouver le temps de vous nourrir, vous laver, travailler, écouter une émission ; il s’agit de se décider que cette voie de résoudre l’intensité du stress et d’éventuels troubles anxieux associés, a autant d’importance.

Une nuit avec peu de sommeil, ou une fatigue quelconque sont des évènements imprévisibles et peuvent précéder une séance.
Si vous y ajoutez le fait que la méditation, mécaniquement, favorise souvent une relaxation du corps ; tout cela peut entraîner un effet bien naturel de somnolence.

Cela est normal et ne présente pas de problème particulier, vous y gagnerez en détente mais n’êtes pas dans un « état » de méditation de Pleine Conscience, simplement en état de relaxation ce qui est déjà agréable en soi et favorise le sommeil.
C’est pour cela qu’il est préférable, dans la mesure du possible, de méditer le matin au lever, dans la journée (si votre activité le permet) mais pas à l’heure où vous avez l’habitude de faire une sieste.

Si malgré tout, vous n’êtes pas dans des conditions ad hoc, une nouvelle fois, il n’y a pas d’effort démesuré à accomplir, ouvrir de serait-ce qu’à moitié les yeux, effectuer quelques étirements, des bras, de la nuque, de la tête et vous recentrer sur l’attention et votre respiration qui est l’outil de base.
Si tout cela n’est pas suffisant (séance que vous accomplissez seul), il n’y a aucun inconvénient à ajourner la séance, vous allonger et profiter de ce repos, que votre corps et esprit réclament !

Si ce n’est pas le but premier, considérez-le déjà comme un avantage en soi.

Dans un moment de la journée, par exemple avant un RDV, une tâche à accomplir qui vous stressent, cela peut être utile ; tout en étant clair, que cela n’est pas en un exercice utile mais bref de 10 mn, que vous entrerez dans un processus durable, d’apaisement d’un stress persistant et de l’anxiété.

La position est inconfortable, vous ressentez une douleur dans une partie du corps, ou une gêne quelconque

Un nombre significatif de personnes qui méditent, sont parfois « agitées », nerveuses, ne tiennent pas en place.
D’autres peuvent être enrhumées, voire être sujettes à l’asthme, ou se sentir oppressées.
Il y a également des personnes ayant eu une blessure, un trauma bénin ou une suite de trauma important, ou toute autre source de problèmes.

La position assise me semble préférable, et au fur et à mesure de la répétition des séances, votre corps trouvera la position adéquate.

Pendant la période qui précède, donc dans les premières séances, le guidage du praticien vous aidera et si par exemple une douleur est persistante, même légère, il faut tenter de persévérer sans lutter ni nier la sensation de gêne, mais en être conscient tout en concentrant votre attention à vous refocaliser sur la respiration.

Si cela échoue, après quelques séances, des solutions (méditatives) existent, comme le « scan corporel » qui se pratique, avec des modalités légèrement différentes, en position allongée.

Certaines personnes arrivent à méditer facilement pas moi, pourquoi ?

Ce sentiment que vous pouvez avoir, est légitime mais souvent une simple réaction à soit, ce que vous affirme la personne apparemment à l’aise dans cette pratique, soit à ce que vous observiez une autre personne qui durant une séance en groupe, reste parfaitement immobile et semble totalement concentrée.

Une attitude apparente d’immobilité, de « calme » d’une personne ; ne signifie pas, et particulièrement en période d’apprentissage, qu’elle médite « mieux » que vous !

Par tempérament, cette attitude peut correspondre à bien des états internes différents. Sans les énumérer tous, elle peut être, par habitude, en pleine réflexion intensive sur un sujet qui lui tient à cœur, avoir tendance à s’isoler et parfois se replier sur soi-même, programmer ses prochaines vacances, ressentir un ennui qu’elle ne manifeste pas, ou simplement s’assoupir.

Certains signes corporels, pas tous, sont néanmoins observables, par un praticien aguerri.
Le « terme » praticien ici, est à prendre simplement dans son sens premier, et indique qu’il a déjà pratiqué et expérimenté longuement.

Comparer sa propre »capacité « à méditer à celle d’une autre personne, n’a ainsi pas beaucoup plus de sens que de comparer la marche d’un enfant hésitant dans ses premiers pas à celle d’une personne adulte éprouvant des difficultés à se mouvoir!

Le plus important sans doute, est que vous n’êtes pas dans un « concours » ou une sorte de « compétition » de méditation, qui au contraire s’inscrit dans une logique progressive de non-agir, non-effort, non-jugement, acceptation de débuter et généralement considérer que cela nécessite des essais, qu’il faille persévérer, et qu’une ou plusieurs tentatives que vous allez, injustement, qualifier d’ « échecs » ; sont un déroulé normal et classique qui masquent une progression dont vous n’avez pas encore conscience.

Comment si mes pensées, mes sensations et les émotions associées sont involontaires, puis-je interférer sur leur déroulement ?

Il ne s’agit pas de « gérer » ou « bloquer » une mécanique qui vous échappe.

Les pensées sont issues d’élaborations mentales conscientes et inconscientes se traduisant par des sentiments, sensations, émotions et manifestations somatiques. Le somatique lui-même influe en sens inverse sur la psyché.

Il n’y a donc pas ici d’une vaine tentative de prise de « contrôle » de cette complexe dynamique, et encore moins dans ce type d’approche modeste dans ces objectifs, d’accéder à des mécanismes inconscients mais d’amorcer un processus réduisant leur impact négatif, en se focalisant, au mieux possible sur : être pleinement conscient dans l’instant présent.

Il n’y a donc à mon sens, pas de problème particulier à mener, si cela correspond à une attente, une démarche plus en profondeur.

Si j’ai insisté sur l’attention et la respiration, il ne fait pas perdre de vue que respirer est naturel et le cœur est le partenaire idéal ; par contre vous pouvez agir, ralentir, accélérer volontairement votre rythme respiratoire, mais pas vos battements cardiaques.

Votre tension artérielle et rythme cardiaque, tendront à diminuer, mais cela sera à mon sens une conséquence induite et non une action volontaire.

Je resitue donc cet apprentissage dans son contexte, il ne s’agit pas de « s’obséder » sur une position, une attitude, la respiration ou autre.
Il s’agit de rendre l’ensemble naturel, par une pratique régulière, dont les effets progressifs seront rapides et les bénéfices récoltés, vous feront assez vite oublier, ce que certaines personnes, pas toutes ressentent initialement comme une difficulté.

Vous pourrez ensuite, méditer à votre rythme, en vous promenant, en marchant et même en préparant la cuisine.

Le but principal est d’arriver selon un protocole bien rodé, à pouvoir réduire significativement les effets négatifs du stress, gagner et calme mental et également à terme d’accroître vos capacités de concentration et d’attention à une tâche quelle qu’elle soit.

D’autres formes plus élaborées de méditation, citons la méditation analytique, peuvent être pratiquées dans une autre étape, démarche et obéissent à une demande plus ciblée, mais c’est à mon sens un autre sujet qui ne peut pas être envisagé avant d’avoir maîtrisé les rudiments de la Méditation de Pleine Conscience.

Si notre habitude est nous « focaliser » sur le terme « méditation » , il ne faut pas perdre de vue que la finalité (qui n’est pas une obligation) est, entre autres, d’être pleinement conscient dans l’instant présent.

Il ne s’agit donc pas de nier ou « renier » votre vécu et parfois le poids de votre passé, l’existence de soucis quotidiens, ou des incertitudes sur l’avenir mais de s’ancrer dans l’élargissement de votre conscience du présent.

 

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© Copyright 2014 Publié par Jean-Michel Imperatrice Psychanalyste et psychopraticien
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